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On a connu le Poulpe mieux inspiré. Pourtant cet opus cubain commence plutôt bien puisque le héros récurrent et éponyme, en partance pour la Havane, a pris soin de plier dans sa poche revolver une lettre de Manuel Vasquez Portal, un des 75 dissidents et journalistes arrêtés en mars 2003. Dans cette lettre, le prisonnier de Castro décrit dans un style sobre et distancié ses conditions de détentions, très pénibles, du fond sa prison à coté de Santiago de Cuba, à plus de 800 km de sa famille. Ces trois pages constituent, de loin, la partie la plus intéressante de ce très décevant épisode cubain.
Gabriel Lecouvreur se pique donc une petite crise de parano dès son arrivée à Cuba, découvrant ainsi une des nombreuses spécialités locales : la peur.
Malheureusement , cette bonne impression initiale ne dure pas longtemps : l'intrigue se révèle très confuse, aussi improbable qu'un steak frites dans un restaurant cubain, et surtout truffée d'erreurs grossières. Passe encore que le Poulpe ne parle pas espagnol, mais que les Cubains eux mêmes ne soient pas capables d'ouvrir la bouche, sans faire une faute à chaque phrase, c'est insultant pour eux et surtout pour le lecteur. Par charité je ne donnerai pas le nombre de fautes commises par Jean-Jacques Reboux, mais il dépasse nettement la douzaine, dans la première moitié de ce roman bâclé et aussi indigeste qu'un congri trop cuit.
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Vu la quantité de bourdes que recèle cette pénible tentative de recyclage de l'actualité cubaine, une question s'impose. Ce livre a t-il seulement été relu avant d'être envoyé à l'imprimerie ? C'est peu probable vu le nombre de coquilles et d'inexactitudes qu'il contient : confondre l'écrivain Léonardo Padura (auteur de romans policier cubain vivant actuellement à la Havane) avec le poète Heberto Padilla, persécuté dans les années 60, cela dépasse un peu les bornes de l'ignorance, pour quelqu'un qui prétend s'être un peu documenté.
Jean-Jacques Reboux se vante assez maladroitement d'avoir un peu "bossé" son sujet, et déclare avoir lu Zoé Valdes, Reinaldo Arenas, Guillermo Rosales et ....Léonardo Padura, qu'il confond quelques pages plus loin avec Padilla.
Amphigourique à chaque chapitre et jusque dans les notes de bas de page, le sympathique héros tentaculaire réussit à égarer le lecteur le mieux attentionné dans un dédale de références erronées, et dans les méandres d'une intrigue d'une rare indigence. Car au fond si Jean-Jacques Reboux savait écrire à peu près correctement, on passerait volontiers l'éponge sur ses références incertaines et son espagnol de lycéen ayant triplé sa classe de seconde.
Mais bon, ne soyons pas trop sévère avec cet auteur qui a tout de même su en partie éviter les clichés habituels : rhum, plage, jinetera et baise à tous les étages, et joie de vivre à tous les coins de rue, pour nous faire visiter la villa Marista (siège de la sécurité d'Etat, où l'on "prépare" les prisonniers politiques) et les sinistres cachots de Fidel Castro. C'est déjà pas mal par les temps qui courent.
OL
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