|

voyage à La Havane - Reinaldo Arenas
le mot de l'éditeur
En trois récits flamboyants et sulfureux, Reinaldo Arenas propose un voyage hallucinogène vers la face obscure dune Havane magique, défigurée par lenfer carcéral et la désillusion.
Quils racontent les déconvenues dun couple tragicomique qui sublime son existence par la création de tenues excentriques, les agissements dune furieuse nymphomane qui possède le sourire énigmatique de la Joconde, ou la douleur dun exilé revenu dans lîle aux seules fins de sassurer quil ny a pas de retour possible, ces récits ne donnent pas à déchiffrer une anecdote commune. Ils unissent, par le jeu des signes, des mythes et des circonstances, des personnages contraints à réaliser un étrange parcours vers le seul lieu où se trouve leur véritable identité.
à notre avis
Un pur moment de délire en trois histoires remarquablement écrites par Reinaldo Arenas entre 1971 et 1983.
Dans "tant pis pour Eva" un couple dépense tout son argent et son énergie pour s'afficher dans des tenues extravagantes et de plus en plus sophistiquées. Une course sans fin vers l'élégance et l'originalité dans un Cuba obsédé par la récolte de canne à sucre, une sorte de pied de nez surréaliste aux slogans réducteurs et à la propagande de masse.
Impossible de révéler l'intrigue de "Mona" : ce serait détruire le suspense qui fait une bonne partie du charme délirant ce cette nouvelle. A la poursuite d'une nymphomane déchaînée dont le sourire ressemble furieusement à celui de la Joconde....
Enfin dans "voyage à la Havane", un exilé revient quelques jours à Cuba après 15 années d'absence pour constater les retrouvailles impossibles avec son fils et son ex femme. Une nouvelle amère et désabusée qui s'inspire sans doute un peu de l'expérience de Reinaldo Arenas, contraint lui aussi à l'exil en 1980, mais qui ne sera jamais autorisé à revenir à Cuba avant sa mort aux États Unis.

|